La place des religions dans les grands enjeux stratégiques

Description

Laurent LAOT, Professeur de droit et enseignant à l'UBO de Brest (ER)

Monsieur Laot pose comme principe que toute religion est égale à une autre ; cette égalité concerne aussi les gens qui n’ont pas de religion, qu’ils soient athées ou agnostiques. Une grande pluralité règne dans le monde. A l’intérieur d’un même pays on trouve des gens de différentes convictions religieuses et les institutions politiques sont prévues pour que le minimum de paix et de sécurité règne entre les gens de ce pays et ceux du pays voisin ; c’est l’harmonie qui permet la liberté et l’égalité.

 

I - Constat des difficultés actuelles 

Au niveau international

Nous vivons une période de violence ouverte sous la forme d’un terrorisme radical de la part de personnes se rattachant à une religion :

- violence de l’islamisme radical avec ses deux tendances, Al Qaïda et Daesh. Ce sont deux tendances de l’Islam sunnite. Al Qaïda vise les religions judéo-chrétiennes, tandis que Daesh veut constituer un état islamique qui forme un arc allant du Sahel aux Philippines en passant par l’Inde. Il s’attaque aussi à la branche chiite de l’Islam.

- Violence en Inde, au Sri Lanka où s’opposent des groupes chrétiens et musulmans, hindouistes et bouddhistes. Il y a des terroristes bouddhistes. A travers l’histoire, il y a eu des terroristes chrétiens.

De par le monde nous vivons avec des «points chauds» hérités de l’après-guerre et qui peuvent se réactiver :

- Depuis 1947, la question palestinienne.

- L’indépendance de l’Inde sous partition avec le territoire du Cachemire qui oppose l’Inde au Pakistan.

- la question du Tibet revendiqué par la Chine a entraîné l’exil de nombreux tibétains et du Dalaï Lama.

- En Iran l’équipement balistique et nucléaire.

- Dans les années 90 l’explosion de l’URSS et de la Yougoslavie, emplacements des ex-empires germanique et d’orient où s’était installé l’empire Ottoman avant la pénétration de l’empire slave.

Au niveau interne

Des pays où il y a des tensions interconfessionnelles : en Syrie, sunnites et chiites ; en Irak ; en Birmanie ; au Sri Lanka où on trouve des bouddhistes, des hindouistes, des chrétiens et des musulmans ; au Liban avec des maronites, des sunnites des chiites et le Hesbollah qui cible Israël ; en Egypte avec des coptes et différentes familles de musulmans ; en France avec des partis démocrates chrétiens opposés à la laïcité ; en Afrique. Un peu partout on s’oppose et se tue au nom de Dieu.

Il existe aussi des régimes théocratiques : l’Iran, l’Arabie Saoudite, ou des régimes non religieux comme la Chine.

Dans de nombreux pays des forces politiques se réclament d’une religion : hindouisme, évangélisme…

Un peu partout nous vivons un moment d’effervescence religieuse, un moment de revendication identitaire. La religion a une place importante dans la géopolitique.  

II - Analyse de la violence et de la religion  

- Il y a d’autres problèmes d’enjeux stratégiques : la question écologique, la question de l’eau, la question de la mer… 

- Il y a nécessité d’une relecture de l’Histoire avec le temps des croisades, des guerres de religions, du colonialisme…

- Il y a des enjeux mélangés à des questions ethniques, nationalistes, à des modes de vie (éleveurs contre cultivateurs)…

- Aucune religion ne devrait être considérée au singulier, chacune est traversée par différents courants. En religion comme en politique il y a des minorités à tendance radicale. Aucune religion n’a donné aux personnes la capacité de résister aux forces de violence en eux. Dans leurs textes de référence on trouve des textes justifiant le déclanchement de la violence.  

La violence, les attentats sont en contradiction avec les Droits de l’Homme, ce sont des actes barbares. Faut-il donc poser des actes de guerre pour assurer la sécurité et la liberté ?

Détail
Thème
Philosophie et religions
Conférencier
Laurent LAOT
Prix
Gratuit pour les adhérents
Date
29/04/2019 14h30
Lieu
Juvénat Notre Dame
Durée
02h00
Nombre de place
192