Les bretons dans la construction du métro de Paris

Description

Les Bretons dans la construction du métro de Paris

Par Luc CORLOUER, auteur et conférencier 

En 1898, le «métropolitain urbain Parisien» est déclaré d’utilité publique. Le chantier est confié à Fulgence Bienvenüe (1852-1936), polytechnicien originaire d’Uzel, dans le département qui s’appelait alors Côtes-du-Nord. Bienvenüe fera recruter des ouvriers dans les campagnes bretonnes. Les registres d’embauche de la compagnie Nord-Sud en juin 1908 font apparaître combien les Bretons étaient nombreux sur le chantier. 

La construction du métro s’est avérée nécessaire du fait d’une circulation anarchique et encombrée dans Paris entre les piétons, les vélos, les carrioles des marchands de même que les fiacres tirés par les chevaux, mais aussi les premières voitures à moteur. 

Le tracé de la ligne 1 sera intra-muros et suivra l’axe historique de Paris d’Ouest en Est (18 stations). A ce jour, elle reste la plus fréquentée.

C’est un chantier ouvert, - car les visites y sont autorisées -, et gigantesque. Aucun accident mortel n’y sera déploré. La ligne 1 doit être inaugurée pour l’exposition universelle, et effectivement elle le sera en juillet 1900. Les travaux sont réalisés en un temps record de 20 mois car démarrés fin 1898. L’électricité sera fournie l’année suivante.

Il convient de préciser que l’émigration bretonne vers la capitale débute dans les années 1850-1860 avec l’arrivée du chemin de fer. C’étaient des ouvriers spécialisés et les femmes étaient employées pour s’occuper des enfants, dans les maisons bourgeoises ainsi que dans les commerces.

Les bretons fuient la misère, le manque de travail et de débouchés . Les industries locales ( toiles en Côtes du Nord ) étaient ruinées. 

L’ingénieur en chef Bienvenüe fait ainsi recruter des terrassiers pour les tunnels, galeries, stations de ce métro presque entièrement souterrain. Ils sont logés, payés et le billet de train, pour " le retour au pays ", leur est octroyé. Leurs outils sont personnels : pelle et pioche. Ils mènent une vie très dure. L’année 1906 verra une grève des terrassiers et ils obtiendront une augmentation de salaire.

Des bretons obtiendront des fonctions de guichetiers, chefs de stations, personnels de maintenance. Ils sont domiciliés essentiellement dans les 14ème et 15ème arrondissements. 

A Montparnasse ( 14ème ) vous sentez que vous êtes en Bretagne avec ses cafés, restaurants, commerces, associations. Au départ les bretons étaient moqués car ils ne parlaient même pas français, qu’ils «baragouinaient» ( de bara, le pain et gwin, le vin ), mais ils étaient réputés pour être de bons et rudes travailleurs. Ils deviendront fiers de leurs origines notamment de par leur culture singulière en particulier parmi les dernières générations. Ils représenteraient la plus grande communauté parisienne ( env. 900.000 nés en Bretagne ou descendants ). Ils sont cadres, entrepreneurs, fonctionnaires ou étudiants.

En 1932, à 80 ans, après être resté Conseiller de la ville de Paris, Fulgence Bienvenüe prend sa retraite. Il meurt à Paris en août 1936 et est enterré au cimetière du Père Lachaise. 

La station de métro «Montparnasse-Bienvenüe» est nommée ainsi en son honneur.

( Pour voir les photos, cliquer sur les les liens ci-dessous ).

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Détail
Thème
Histoire
Conférencier
Luc CORLOUËR
Prix
Gratuit pour les adhérents
Date
04/04/2022 14h30
Lieu
CHATEAULIN, salle du Juvénat
Durée
02h00
Nombre de place
192